Les 3 dimensions de la voix

Dimension corporelle et émotionnelle de la voix

Travailler la voix du point de vue corporel, savoir que la voix est un phénomène physiologique peut aider les personnes à s’engager dans cette voie. La plupart des gens n’ont pas de problème avec leur voix d’un point de vue physiologique. Il s’agit souvent d’un problème lié à l’émotionnel de la personne. Quand on parle d’émotionnel on parle bien sûr des émotions telles la colère, la peur, la tristesse, la joie pour ne citer que celles-là, liées à des situations de la vie quotidienne. Mais ce que nous négligeons souvent c’est qu’un manque de savoir faire quand à la façon de respirer peut amener du stress, un sentiment de suffocation, d’étouffement, une forte tension ou des crampes du fait d’être souvent en apnée qui amènent à leur tour des émotions, une peur, un manque de confiance en soi.

La respiration est un élément essentiel du bien-être et de l'équilibre physique et émotionnel de l'individu.

La respiration permet d’élargir les espaces corporels à l’intérieur du corps en libérant ces espaces de ce qui les obstruent ou les retient fermés. La plupart du temps ce sont les émotions et parfois les accidents corporels ou les malformations. Même dans ce cas, la respiration peut amener plus de confort, un desserrement de la zone affectée, ne serait-ce qu’au niveau de la sensation, c’est à dire à un degré intime. Respirer pleinement, sentir nos espaces corporels se remplir, respirer dans nos articulations amène à moyen et long terme des transformations profondes. Toutes les traditions médicales anciennes orientale et occidentale parlent de cela. Le Yoga, le Taï Chi, le Chi Qong, Alexander, Feldenkreis. Toutes ces pratiques allient la respiration, le mouvement, la lenteur, le son.

Le souffle quand il se transforme en son par la mise en vibration des cordes vocales, agit comme un marteau piqueur sur les zones grises, les zones en souffrance à l’intérieur de nous. Des micro vibrations qui soulèvent et craquèlent en douceur la chape de plomb sur ces douleurs, ces blessures enfouies, devenues inaccessibles et maintient des parties de notre corps tétanisées, figées, raides et souvent douloureuses. Grâce à ces micro vibrations le ciment se craquèle.

Les douleurs, les émotions jusque là retenues prisonnières s’échappent par les fissures et se révèlent à nous. Dès lors nous pouvons comme toucher concrètement nos émotions, connaître leur couleur, leur forme, leur densité. Quelle qu’en soit l’intensité, l’ampleur, cela nous permet de libérer notre esprit de ce que nous imaginions être nos émotions et de nous recentrer sur ce qu’elles sont réellement.

A partir de là on voit le chemin qui peut se dessiner pour chaque personne en fonction de ce qu’elle aura découvert sur elle-même, son corps, ses émotions, sa voix. Chaque tiroir est un monde en soi et mérite que l’on s’y arrête.

Tout le monde ne peut pas s’engager dans un travail global et de longue durée comme je l’ai fait moi-même. Il peut être nécessaire pour une personne d’établir des priorités, une hiérarchie, un classement des tiroirs en fonction de ses besoins personnels, professionnels et sociaux, de son âge, du temps qu’elle envisage de consacrer à ce travail.

C'est pourquoi j'élabore des ateliers sur mesure pouvant répondre aux besoins de chacun.

Le chant n’est pas l’apanage du travail de la voix, loin de là même s’il est avéré que les pratiques artistiques de chant, de théâtre sont les plus répandues dans le domaine de la voix. Pourquoi ? Parce que concernant le chant, celui-ci implique une capacité à reproduire le son juste de la mélodie, à l’acquisition d’une technique spécifique au répertoire, à une capacité de gestion du souffle liée aux exigences rythmiques de la partition.

Dans mes ateliers il est question en premier lieu de libérer la voix des gangues émotionnelles et physiologiques dans lesquelles elle reste enserrée. Lâcher la voix et, dans un premier temps, ne pas se préoccuper du son émis. Tous sont acceptables parce qu’ils sont en nous et que c’est cela que nous devons accepter en premier lieu.

La voix a cette particularité d’être à la fois l’outil et la clé. Travailler à ancrer notre souffle revient à s’ancrer soi même à l’intérieur de nous. Ainsi ancrés en nous-même nous suivons le trajet de la colonne de souffle et nous nous érigeons avec elle, solides dans nos bases, aériens, légers, libres en haut. Nous sommes à la fois l’architecture, le bâtiment, l’ossature en même temps que le vide qui les habite, laissant ainsi la place au tourbillon du souffle/son qui fait de nous des êtres vibrants.

Il n’y a pas deux voix identiques. La voix est notre empreinte ether, impalpable. Ce qu’il est convenu d’appeler le timbre, la couleur, la tessiture d’une voix est intimement lié à la structure osseuse de la personne, en même temps qu’a son vécu émotionnel, sa langue d’origine, la terre où elle est née, le milieu culturel dans lequel elle a évolué, son milieu socio-professionnel et aussi bien sûr à ses habitudes, son hygiène de vie. Tout influe sur la voix.

Travailler sa voix consiste à polir, ajuster l’instrument qu’est la voix pour atteindre à notre authenticité, notre son propre, étape par étape. Cela peut être le travail de toute une vie. Etape par étape.

Pourquoi travailler les voix et particulièrement la parole en public ?

Prendre la parole engage totalement celui qui parle. Sa légitimité, sa crédibilité, son autorité sont immédiatement et quasi inconsciemment évaluées à l’aulne de sa posture et de sa voix. Prendre la parole face à un groupe est une responsabilité. Etre capable d’assumer les regards braqués sur soi, le silence qui s’installe, entendre sa voix emplir l’espace pour délivrer la parole, le message, le discours, voilà le challenge auquel est soumis celui ou celle qui prend la parole. Et puis tenir, maintenir le niveau d’écoute, la curiosité d’un auditoire. Solide en bas, aérien en haut. Etre avec l’auditoire sans perdre son ancrage, ne pas se laisser déstabiliser, répondre et revenir à soi, respirer. Un leader sait gérer ses émotions sans les soustraire complètement. Un leader est un chef “charismatique” parce qu’il est authentique. La voix en cela ne triche pas parce que la voix est le miroir de l’être.

Dimension sprituelle de la voix


Le 6 septembre 2007 Pavarotti est mort. Une amie était à Capri pour lui rendre hommage avec un tas d’autres personnes. En fond sonore, face à la mer Pavarotti chante O Sole Mio couvert par la voix de la foule qui chante à tue-tête en même temps. Emotion intense. Ca chante fort, juste ou pas, en mesure ou pas mais ça chante. De temps en temps la voix de Pavarotti s’élève au-dessus, lumineuse, vibrante. Elle vient de loin, de bien plus loin que la vie et la mort. Elle a toujours été. Elle s’est incarnée, et lorsque la forme s’est dissoute elle a continué. Elle vient nous dire l’incroyable beauté. Je me souviens de cette même émotion quand j’entends pour la première fois Montserrat Caballé, Callas et tant d’autres.

Travailler la voix pour tenter de se rapprocher un peu, un tout petit peu de ce lieu d’infinie beauté et de lumière.. Ce phénomène d’incarnation nous concerne tous et notre voix permet d’en témoigner. C’est en cela que l’on peut parler de présence, de charisme. Assumer, accueillir, aimer cette incarnation de nous même est la finalité du travail de la voix. Le corps est notre véhicule. Nous sommes les passeurs d’un message qui nous dépasse, dont nous ne connaissons ni le début ni la fin. Notre seule mission prendre soin de la beauté.

Au-delà de son utilité pratique, concrète dans le monde du travail notamment, la voix est source de plaisir infini, de joie, de bonheur car elle nous réconcilie avec qui nous sommes vraiment et nous permet d’affirmer notre singularité. C’est grâce à la voix que j’ai grandi dans ma vie. C’est tout cela que le travail de la voix m’a appris et c’est cette expérience que je vous transmets

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